domingo, 25 de noviembre de 2018

MERCI, MADAME COOPER (Mark Debrest)

En entrant dans cette jolie piéce toute encombrée, avec ces hauts plafonds et ces vieilles boiseries, j'ai eu comme un flash photographique et je me suis immédiatement souvenu de la vieille librairie/papererie de San Martin Desvalles, petit village de bord de mer, ou je passais mes vacances d'été 40 ans auparavant. C'était surtout cette agréable odeur à bois qui m'avait plu et impressionné. Je me suis aussitót souvenu de l'élégante silhouette de Madame Cooper, Ia propriétaire de l'établissement et ancienne institutrice de l'école du village. C'était une femme mince, de taille moyenne, avec une voix et des airs lents et qui coquettement, ne s'habillait qu'en blanc, gris et bleu. Elle devait avoir une soixantaine d'années.

J'ignore pour quelle raison, mes parents et moi arrivions toujours juste avant l'heure de la fermeture. Je me dirigeais alors á l'endroit ou se trouvaient les livres d'aventure. Je n'avais que 8 ans et je n'étais pas un grand lecteur, mais j'aimais ces livres, bien que je regrettais toujours l'absence d'images. Je me souviens que vers cette époque, fut éditée une grande collection de contes et de romans qui avait justement les deux éléments. Je me dirigeais donc, rapide comme une fléche, vers l'endroit
en question et je lisais trés attentivement les titres. Peu aprés, je disais à ma mére quel livre d'aventure je voulais. Quelquefois, pendant que je passais trop de temps á regarder, lire et relire les titres des livres sans décider lequel acheter, mes parents bavardaient patiemment avec le mari de Mme. Cooper, alors que celle-ci s'approchait de moi avec un sourire coquin:
-Y a-t-il un livre qui te plaise, Thomas? Elle me posait toujours la méme question avec les mémes mots.
- Pas encore, Mme cooper. Quoi que cette fois-cije crois que je choisirai:« Le voyage au centre de la terre »
- Je ne t'imaginais pas aussi aventurier.
- Je ne le suis pas. J'aime me promener pour me distraire et pour observer, mais je n'aime pas précisément l'aventure. peut-étre est-ce la raison pour laquelle je choisirai ce livre, lui répondis-je avec un air complaisant.
- Sürement, affirma-t-elle pendant qu'elle se dirigeait sur le cóté droit de la boutique. Rappelle-toi que par ici il y a d'autres livres avec des sujets différents. Nous avons surtout des biographies.
- Oui, j'en ai déjá vues quelques unes. J'aime les biographies de grands personnages, surtout de grands inventeurs et des découvreurs.
- Et bien regarde, dit-elle contente. Nous venons juste de recevoir la biographie de Benjamin Franklyn, l'inventeur du paratonnerre. Et c'est d'autant plus curieux car le paratonnerre de l'église vient tout juste d'étre réparé.
- Mme. Cooper, demanda ma mére, est-ce que Tomas a déjá choisi son livre? Car nous sommes un peu pressés.
- Je crois que oui, lui répondit-elle en me voyant montrer du doigt le livre de Jules Verne.
- Est-ce que votre petit fils Johnathan est arrivé? Lui demandais-je d,un ton peu convaincu et á voix basse.
- ll viendra la semaine prochaine. Lui aussi m'a demandé de tes nouvelles.
- C'est le meilleur ami que j'ai au village
- Il t'apprécie également beaucoup. Et vous avez des goüts semblables.
- Oui lui répondis-je. Avec lui, je ne m'ennuie pas tes aprés-midi.
-Mais et tes fréres et tes cousins? me dit-elle avec un tendre sourire.
- Ce n'est pas pareil. Ils sont plus ágés que moi.
- Et tes voisins, les fréres Necker?
- Les fréres Necker sont insupportables, lui dis-je sur un ton plus sérieux. Ils ne sont pas trés bien élevés et sont sans égards. Pourtant leur mére est trés sympathique.
- C'est vrai, acquiesça ma mére qui la connaissait assez bien.
- L'autre jour, ils m'ont dit qu'ils savaient un secret morbide concernant le village.
- Morbide!? S'exclamérent mes parents.
- Oui, mais je ne veux pas le connaitre et puis je sais bien qu'ils me le diront tót ou tard. lls sont comme ça... toujours aussi considérés.
- Et qu'est-ce que ça peut bien étre? dit M. Cooper.
- N'aimerais-tu pas le savoir, Thomas? Maintenant que tu as un mois de vacances. C'est peut-étre important- dit Mme. Cooper.
- Peut-étre, me limitais-je á répondre.
- Tous les villages ont des secrets et des mystéres, ajouta Monsieur Cooper.
- Et ceux-ci sont plus faciles á découvrir car il y a moins de gens que dans les villes, ajouta Mme. Cooper.
-Ce serait amusant de découvrir le grand secret, dis-je avec un certain air victorieux. Mais je ne m'imagine pas Sherlock Holmes- Et ajoutais: qui serait mon fidèle assistant Watson?

Tous se mirent à rire et moi aussi. Alors mon regard se dirigea vers l'intel·ligente, la sensible, l'observatrice, Mme Cooper. Elle me comprenait bien. Je n'étais comme les autres enfants, je me sentais différent. Elle s'en aperçu tout de suite et elle m'aida pendant mes années d'enfance et adolescence à San martin. Elle essaya que je fus plus hereux au village. Et elle y parvint.

Merci, Mme Cooper.

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